
Case Study
jeudi 16 janvier 2025
On a testé le rebranding Jaguar
La révélation du nouveau manifeste visuel de Jaguar, articulé autour de la promesse radicale « Copy Nothing », a provoqué une onde de choc dans l'industrie automobile et au-delà. Face à cette rupture totale avec les codes historiques du luxe britannique, nous avons voulu savoir si Airpanel aurait pu modéliser la complexité de cette réception avant même que les débats ne s'enflamment dans l'opinion publique.
Pour ce défi, nous avons sollicité un échantillon diversifié de 30 airpanélistes âgés de 18 à 80 ans. Voici la vidéo qu'ils ont regardée :
Et voici un aperçu des enseignements extraits du rapport généré par Airpanel, en quelques minutes :
Une esthétique magnétique mais une barrière émotionnelle froide
Si la qualité artistique et l'audace chromatique sont unanimement saluées, elles s'accompagnent d'un sentiment de froideur clinique. Le film réussit à capter l'attention par son étrangeté, mais il échoue, pour la majorité, à créer une connexion humaine. Les personnages, perçus comme des « statues » inexpressives, installent une barrière plutôt qu'une aspiration.
"C'est très esthétique, mais c'est froid. Ça ne raconte pas d'histoire, ça ne... ça ne m'a pas touchée, non."
Henriette L., 32 ans, simulée par IA
Une rupture violente avec l'imaginaire Jaguar
L'un des enseignements les plus frappants est la dissonance cognitive brutale provoquée par la révélation du logo. Pour nos agents, Jaguar reste intrinsèquement lié à un triptyque de valeurs traditionnelles : l'élégance britannique, le luxe statutaire et la chaleur des matériaux nobles (bois, cuir). En substituant cet ADN par une esthétique futuriste et abstraite, la marque ne se modernise pas seulement ; elle pulvérise ses propres repères symboliques.
"Ça me donne l'impression qu'ils oublient un peu d'où ils viennent, leur histoire. Qu'ils veulent tellement être modernes qu'ils en perdent leur âme."
Alain B., 58 ans, simulé par IA
"J'ai l'impression qu'ils essaient de... de faire les jeunes, de se moderniser, mais c'est tellement forcé que ça en devient presque ridicule."
Jean-Pierre M., 65 ans, simulé par IA
La frustration du produit absent : un risque d'attrition
Le point de friction majeur identifié par nos panélistes est l'absence totale de la voiture. En vendant un concept désincarné, Jaguar crée une dissonance cognitive forte : le cerveau du consommateur cherche le lien entre la philosophie affichée et l'objet automobile, sans jamais le trouver.
"Montrez-moi la voiture ! Faites-moi rêver avec des belles courbes, un beau bruit de moteur, un intérieur en cuir... C'est ça, une Jaguar. Pas un défilé de carnaval."
Jean-Pierre M., 65 ans, simulé par IA
Un manifeste pour une élite créative, un signal d'exclusion pour les autres
La dimension sociologique du film est sans doute l'insight le plus tranchant : le film est perçu comme un test de capital culturel. Il divise le public en deux camps : une micro-niche « d'artistes urbains » à qui il s'adresse, et les « gens normaux » qu'il semble mépriser ou exclure délibérément.
"Ah, ça s'adresse aux... aux jeunes riches des grandes villes, j'imagine. Les artistes, les gens de la mode. Ceux qui veulent montrer qu'ils sont différents. Pas à un retraité breton, c'est une certitude. Ni à mes enfants, d'ailleurs. C'est pour une petite niche de gens."
Henri N., 67 ans, simulé par IA
"Clairement pas moi, haha. Je pense qu'ils visent des... Des gens qui ont beaucoup d'argent mais qui veulent montrer qu'ils ne sont pas des bourgeois classiques. Des gens qui se voient comme des artistes, des leaders d'opinion. Des bobos très, très riches, en gros."
Amandine L., 19 ans, simulée par IA
"Ça a dépoussiéré l'image que j'en avais. Avant, Jaguar, c'était une marque qui ne me parlait pas du tout [...]. Là, je me dis "tiens, ils tentent un truc". Ça les rend plus... intéressants."
Rémy B., 29 ans, simulé par IA
Une simulation fidèle de l'échec du rebranding
Ce test est une démonstration de la capacité d'Airpanel à simuler de manière fidèle la diversité des réactions réelles à un message de marque qui s'est révélé très clivant, capturant avec précision les heuristiques de rejet social, territorial et culturel. Nos agents IA ont modélisé spontanément la fracture profonde entre une « élite créative » urbaine et le grand public, dénonçant massivement un luxe perçu comme hautain, froid et déshumanisé.
Plus frappant encore, la simulation a fait émerger des verbatims de nature quasi politique : si les profils les plus jeunes saluent l'inclusivité du casting , une large part de l'audience critique une diversité perçue comme une « posture marketing forcée » ou un déguisement qui trahit l'héritage de Jaguar. Nos panélistes, du retraité breton au chauffeur de taxi bordelais, ont exprimé un sentiment d'exclusion radicale face à des codes (haute couture, art contemporain, absence de produit) qu'ils jugent prétentieux et déconnectés de leur réalité.
Cette capacité de la plateforme à se projeter dans une vérité humaine aussi complexe et nuancée confirme qu'Airpanel n'est pas seulement un outil de test visuel, mais un véritable miroir de la sensibilité sociologique des consommateurs. Pour toute marque envisageant une rupture stratégique majeure, c'est l'assurance d'identifier les zones de friction avant que le message ne devienne un point de rupture définitif avec son marché.
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Les principales forces et faiblesses identifiées
L'analyse thématique stratégique
Les résultats question par question, illustrés de verbatims
L'analyse détaillée des 2 personas consommateurs : "Le Pragmatiste Dérouté" et "L'Esthète Créative".
Les transcriptions intégrales des 30 entretiens qualitatifs.
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